Version française: Amnesty dénonce l’iniquité de la CPI

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Laurent Gbagbo in ICC Courtroom I on 19 July 2017 ©ICC-CPI

Côte d’Ivoire – Maintien en détention de Laurent Gbagbo : Amnesty International dénonce l’iniquité de la CPI

Selon la célèbre Ong de défense des droits de l’homme qui vient de rejoindre le bloc de ceux très nombreux à travers le monde qui questionnent depuis six ans les fondements moraux et la justesse du procès fait à Laurent Gbagbo, la Cour Pénale Internationale doit non seulement faire preuve d’équité, mais doit aussi respecter les procédures, notamment les droits des « accusés » que sont Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Traduction, quand on ne parvient pas à prouver la culpabilité d’un accusé, fut-on la CPI, la liberté doit demeurer la règle, et la détention, une exception.

Organisme international réputé pour son caractère incisif en matière de défense des droits de l’Homme, Amnesty International vient de monter au créneau pour fustiger vertement, démonstration à l’appui, la séquestration de l’ancien chef de l’Etat ivoirien, le Pr. Laurent Gbagbo, dont continue de se rendre complice la Cour Pénale internationale.

En effet, si Amnesty croit savoir qu’une erreur technique de l’avocat de Laurent Gbagbo a contribué au rejet de la dernière demande de mise en liberté conditionnelle de l’accusé, elle rejette fermement le mobile de la décision des juges de la Chambre de première instance de maintenir l’ancien chef d’Etat derrière les barreaux.

« Considérant que la cour a été saisie sur le droit d’un accusé privé de liberté pendant près de six ans, en attendant son procès, et que le cade juridique de la CPI comporte l’obligation d’appliquer et d’interpréter la loi conformément aux droits de l’Homme et aussi de respecter les droits de l’accusé, l’intérêt de la justice aurait été d’avoir une approche plus indulgente », a affirmé Amnesty, cité par nos confrères de Yenews.

L’Ong explique par ailleurs que « même si les accusés traduits devant la CPI sont toujours mis en cause dans des crimes sérieux, leur présomption d’innocence et leur droit de demander une mise en liberté provisoire ne peuvent être mis en question. Amnesty international appelle dont la CPI à « l’équité » y compris sur « les questions de procédures »

Quoique sur le tard, la prise de position de Amnesty arrive à un moment d’autant plus crucial du procès controversé contre Gbagbo, dans la mesure où la défense de l’ancien président est de nouveau engagée sur la voie d’une autre demande de mise en liberté conditionnelle, après le rejet pour la 13ème fois, le 26 septembre, d’une autre demande du même type.

Inéquitable, arbitraire, injustement prolongée… Aucune épithète ne suffit à ce jour pour qualifier la détention inique depuis plus de six ans de l’ancien président ivoirien pour des crimes de guerres et contre l’humanité imaginaires dont aurait en principe dû répondre son adversaire, Alassane Ouattara, dont la responsabilité dans l’agression de la Côte d’Ivoire avec la complicité du gouvernement français et de l’ONUCI, ainsi que dans les massacres en masses des populations (Cf. les plus de 3.000 morts de Duékué), a été depuis démontrée.

L’intervention de Amnesty International tranche cependant avec celle de Human Rights Watch, qui, répondant aux critiques de ceux qui en appellent à la fin de la parodie de justice que constitue le soi-disant procès contre Gbagbo et Blé, avec aux manettes une justice internationale qui agit comme un instrument de domination supplémentaire au service des pouvoirs en place et des puissances occidentales, a toujours estimé que dire que Ouattara devrait lui aussi comparaître devant la CPI, n’apporte rien à la défense de Gbagbo, mais constitue plutôt « de la poudre aux yeux politique ».

Ndam Njoya Nzoméné
Cameroonvoice

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