Pourquoi Soro?

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Je voudrais d’abord remercier tous ceux qui ont salué la publication relative à ma rencontre du samedi 21 octobre 2017, à Paris, avec Guillaume Soro. Ces réactions aimables traduisent aussi une réelle attente de motifs d’espérance des nôtres face à la situation peu reluisante de la Côte d’Ivoire. Il y eut aussi quelques réactions réservées, et même certaines qui me mirent à la question, traduisant une incompréhension de mon mouvement vers Soro, une personnalité pour laquelle elles expriment une certaine hostilité. Il est donc utile de faire une mise au point …

D’abord, il est bon de noter que c’est en mai 2017 que je fus contacté pour la première fois par le professeur Franklin Nyamsi, dans le cadre d’une campagne de rassemblement des filles et fils de la Côte d’Ivoire autour de la décision du président de l’Assemblée d’œuvrer pour le pardon et la réconciliation en Côte d’Ivoire. Il se trouve que dans mon exil, que ce soit sur invitation des autres ou à ma demande, j’ai toujours montré un intérêt particulier à échanger avec les personnalités de passage à Paris. Je me sentis donc honoré de cette démarche pour me présenter, spécialement à moi, pendant plus de trois heures, les ambitions que portent Guillaume Soro pour la Côte d’Ivoire. La première leçon que j’en ai tirée est que Soro est déterminé et se donne les moyens d’une action politique digne de ce nom, contrairement à tous ceux qui attendent qu’on vienne leur offrir le pouvoir sur un plateau d’argent. Après cinq mois d’observation et d’analyse de la situation du pays, mon mouvement vers Soro répond donc à une démarche empreinte d’humilité de l’équipe Soro vers moi.

Alors, pourquoi envisager de rejoindre une plate-forme conduite par Soro pour parler de réconciliation nationale ?

Notre histoire récente :

A ce stade, il est bon de se rafraîchir la mémoire par un survol rapide de notre d’histoire récente, afin de mettre en exergue la responsabilité des uns et des autres dans la triste situation actuelle de la Côte d’Ivoire. J’aurais voulu me passer de ce survol qui allonge le texte, mais j’ai souvent fait le constat d’une telle ignorance de notre histoire récente par nombre de nos compatriotes, particulièrement ceux de moins de 35 ans, que cette base historique commune mérite d’être partagée.

Au tournant de la décennie 1990, la fin du bloc soviétique ayant libéré les puissances occidentales de l’obligation de soutenir des potentats en Afrique noire, la Côte d’Ivoire, comme une majorité d’Etats africains, doit s’engager dans un processus démocratique sur l’injonction sans ménagement de François Mitterrand, le président français. Les attentes légitimes des populations sont malheureusement déçues, car au lieu des débats d’idées et de la recherche de solutions pour redresser le pays, l’opposition s’adonne à la violence et à la recherche permanente de l’insurrection. La Fédération estudiantine et scolaire la Côte d’Ivoire (Fesci), suscitée et encadrée par l’opposition, prend sa part dans l’instauration du désordre socio-politique.

Au début des années 1990, quand Ouattara est le tout-puissant premier ministre d’un Houphouët mourant, l’opposant Gbagbo, du FPI, rejoint le président de l’Assemblée nationale Bédié, du PDCI, dans une improbable « union patriotique » contre les privatisations décidées sans l’avis du parlement. Pour mettre fin à la chienlit orchestrée par une opposition violente, Ouattara jette Gbagbo en prison en 1992, à la suite de « l’Assaut final », manifestation annoncée par l’opposition comme celle qui devait faire chuter le régime PDCI. Avant la mort d’Houphouët, le premier ministre Ouattara tente de rassembler la classe politique pour s’opposer à l’accession de Bédié au pouvoir. La Côte d’Ivoire échappe à une crise de succession grâce au sens républicain de l’ensemble de l’opposition de gauche et au soutien ferme de François Mitterrand à la légalité constitutionnelle. Quand Bédié accède au pouvoir, Gbagbo et Ouattara deviennent des amis et forment le « Front républicain », alliance autour du FPI, du RDR contre le PDCI qu’ils accusent de mener une politique tribaliste et identitaire, au profit des seuls Baoulé et Akan. Cette décennie connait, entre autres actes de violence politique, l’assaut final de 1992, le boycott actif de 1995 avec ses dizaines de morts parmi les planteurs Baoulés dans l’Ouest du pays, plusieurs manifestations avec morts d’hommes dans le pays et des destructions à répétition de bus à Abidjan, quand ce ne sont pas des sit-in intempestifs qui bloquent toute la capitale économique pendant des heures. La décennie se termine par le coup d’Etat de la Noël 1999 qualifié de « salutaire » par Gbagbo et suivi par l’entrée au gouvernement, aux côtés des militaires, de cadres du FPI et du RDR.

Robert Guéi se caractérise par une inconstance qui aggrave les crises politique et identitaire auxquelles le coup d’Etat était censé mettre fin. En vue de conserver le pouvoir, le général élimine Bédié et Ouattara, ainsi que tous les candidats de poids, à l’exception de Gbagbo qui lui a fait croire qu’il lui servirait de faire-valoir démocratique afin que le pouvoir reste à l’Ouest du pays. Battu dans les urnes par son « frère de l’Ouest », le général arrête la proclamation télévisuelle des résultats et tente de confisquer le pouvoir. Les troupes du FPI, rompues à la mobilisation depuis dix ans, se lancent à l’assaut du palais présidentiel et contraignent le général à la fuite. Les partisans de Ouattara manifestent alors pour exiger de nouvelles élections ouvertes à tous, mais la réaction du tout nouveau pouvoir FPI est implacable. Les forces de l’ordre abattent ça et là des personnes passant pour des manifestants pro Ouattara et, dans les jours qui suivent, un charnier de plus de cinquante corps est découvert dans la forêt du Banco, à Yopougon. Quelques semaines plus tard, le pouvoir Gbagbo enfonce le clou en rejetant la candidature aux législatives de Ouattara pour nationalité douteuse … alors qu’en 1995 le même Gbagbo avait boycotté la présidentielle en soutien à Ouattara dont Bédié refusait la candidature pour la même raison. Ouattara et les militants du RDR, majoritairement issus du Nord du pays, trahis par Gbagbo, leur allié du Front républicain, ressentent une injustice inacceptable.

Dès janvier 2001, le régime Gbagbo annonce la mise en déroute d’une colonne d’assaillants venus du Nord à bord d’une Mercedes noire pour renverser le pouvoir. Malgré cette menace, le pouvoir FPI ne sera pas en mesure de garantir la sécurité du territoire et des populations, et dès 2002, Gbagbo doit faire face à une rébellion dont les acteurs sont proches de Ouattara et (incroyable !) du général Guéi qui est depuis 2001 le chef de l’UDPCI, un parti politique qui n’a d’élus que dans sa région du grand Ouest. Le militaire ne survit pas à la réaction violente du clan Gbagbo en cette journée terrible du 19 septembre 2002, jour de déclenchement de la rébellion. Le territoire s’en retrouve divisé en deux, entre un « Nord musulman » occupé par la rébellion et « un Sud chrétien et animiste » sous le contrôle des forces gouvernementales. Gbagbo, affaibli, est contraint à un partage du pouvoir orchestré par la France de Jacques Chirac et l’ONU de Kofi Annan, à commencer par la nomination à Paris d’un nouveau Premier ministre, un homme qu’on espère assez fort pour en imposer dans ce chaos ivoirien. Après l’échec de Seydou Diarra, présenté à sa nomination par la presse étrangère comme « un sage musulman du Nord », c’est Charles Konan Banny, « le Baoulé de Yamoussoukro », qui finit par se faire neutraliser par Gbagbo.

En fait, dès le mois de février 2003, un mouvement patriotique en faveur de Gbagbo gagne tout le pays et constitue une force de mobilisation pour préserver ses intérêts chaque fois qu’il pense que son fauteuil présidentiel est menacé. Entre temps, Bédié et Ouattara, se souvenant qu’ils sont « Houphouëtistes », se réconcilient et se retrouvent dans le RHDP, un rassemblement d’opposition au FPI de Gbagbo. Pour entretenir le moral de ses militants fanatisés, Gbagbo ne cesse de répéter qu’il détient la Côte d’Ivoire utile, celle qui produit plus de 80% de la richesse nationale, et que c’est toujours lui « qui tient le stylo » qui signe les décrets. Dans l’espoir d’affaiblir Ouattara, Gbagbo propose en 2007 le poste de Premier ministre au chef des rebelles, Guillaume Soro, qui conduit le gouvernement jusqu’aux élections présidentielles de 2010. A la suite du refus de reconnaître sa défaite, Gbagbo entraîne le pays dans une grave crise post-électorale qui s’achève par sa capture et son transfert à la CPI. Les dix années de pouvoir Gbagbo plongent le pays dans l’instabilité et la régression.

Guéi mort, Gbagbo en détention et Bédié semblant émoussé par l’âge, Ouattara peut enfin conduire les destinées du pays les mains libres, sans aucune opposition lors de son premier mandat. Elu pour un deuxième mandat en 2015 avec le soutien de Bédié, Ouattara ambitionne de s’imposer aujourd’hui pour un troisième mandat, alors que sa gouvernance a aggravé toutes les tares que sont l’insécurité, la corruption, le népotisme, la pauvreté. Ouattara a ruiné la cohésion nationale ! La déception est tellement grande qu’il a perdu le soutien unanime des populations du Nord. Même son allié Bédié préfère prendre ses distances …

Pendant ces années de composition et recomposition des alliances de circonstances, de trahison ou de non-respect de la parole donnée, le pays n’a pas arrêté de se dégrader, l’Etat perdant de son autorité. On le sait, là où il manque de sens de l’intérêt général, il n’y a que les intérêts individuels et les querelles de personnes qui rythment la vie politique, comme la tragédie ivoirienne l’illustre. Depuis bientôt trente ans la crise politique s’est aggravée d’alternance en alternance, du fait d’une classe politique qui manque de sens de la responsabilité publique, qui a ruiné la cohésion nationale, qui a abandonné les populations. Le débat politique n’évoque pas de questions de santé, ni d’éducation, ni d’emplois, ni de logement, ni de culture, ni de budget ou de fiscalité. Le désordre, la corruption et l’insécurité ont atteint aujourd’hui des sommets jamais égalés.

A la fin des années 1990, j’avais écrit que cette classe politique médiocre conduirait le pays dans le chaos, et près de vingt après je suis triste de n’avoir pas eu tort !

Pourquoi Soro ?

Comme beaucoup d’Ivoiriens, je condamne fermement les rôles joués par la Fesci et la rébellion dans l’histoire de notre pays. Ce sont des milliers de vies arrachées, des familles détruites et des destins brisés que notre nation devra solder tôt ou tard. Ceci étant, il faut savoir situer les responsabilités.

Soro n’a pas créé la Fesci, dont les nombreux méfaits au cours de la décennie 1990, comme le blocage du système éducatif par la violence, sont à imputer aux leaders de l’opposition qui manipulaient et instrumentalisaient les jeunes qu’ils étaient chargés de former. A cet âge, on peut penser de bonne foi qu’on mène un combat patriotique dans l’intérêt du pays. Soro ne fut ni le premier ni le dernier dirigeant de ce mouvement. En revanche, c’est probablement pour ses qualités de leader qu’il s’est retrouvé à la tête de cette organisation. En 2002, Soro n’est ni un militaire, ni un politique fortuné, ni un homme disposant d’un réseau international pour créer une rébellion armée. Même sans savoir comment il s’est retrouvé à la tête de ce mouvement, nous pouvons deviner que le choix porté sur lui par les commanditaires, financiers ou parrains, ainsi que l’acceptation de son autorité par les soldats, traduisent la confiance de tous dans ses qualités de leader. A la tête de cette rébellion, le moins qu’on puisse dire est qu’il a su tenir son rang et qu’il a su manœuvrer.

Non seulement Soro n’est pas le principal responsable de la Fesci et de la rébellion de 2002 qui auraient existé sans lui, il a l’humilité d’inviter les Ivoiriennes et les Ivoiriens à l’autel du Pardon et de la réconciliation. Qui sommes-nous pour lui infliger une condamnation sans appel ? Surtout quand on soutient les vrais responsables du désastre ivoirien que sont Bédié, Gbagbo et Ouattara.

Nous devons aller à l’essentiel, en donnant des réponses claires à des questions simples. Quelle est la donne aujourd’hui ? La donne est que nous devons sortir le plus tôt possible de ce chaos dont notre peuple n’a que trop souffert. De quel leader avons-nous besoin pour conduire le pays vers ce redressement ? Nous avons besoin d’une personnalité, femme ou homme, qui a :

1. une réflexion sur la situation du pays, une vision et un projet précis ;
2. des moyens de rassembler, de mobiliser des réseaux internes et externes en vue d’une action politique efficace ;
3. le courage, la détermination et la baraka indispensables à toute œuvre de grande envergure ;
4. l’humilité qui la rende capable de s’ouvrir à tous pour ressouder notre nation déchirée, capable d’écouter et de rassembler des compétences pour la conduite des politiques publiques.

Ivoiriennes et Ivoiriens, il nous appartient, à nous tous, de sortir de nos états d’âmes et de chercher la personne qui correspond à ce profil. Au demeurant, chacun peut se proposer s’il se sent capable. En ce qui me concerne, vous savez que je participe au débat national depuis plus de vingt ans et que depuis 2003 je dirige l’Union pour la Nouvelle Nation (l’UNN), un parti politique. Si je n’ai aucun complexe pour le point 1 du profil, le point 2 me disqualifie.

Alors, pourquoi je choisis Soro. D’abord sa démarche « Pour le pardon et la réconciliation en Côte d’Ivoire » est une démarche empreinte d’une grande humilité. Humilité que j’ai pu constater personnellement dans l’approche de son équipe à mon endroit, ainsi que lors de ma rencontre du 21 octobre 2017 avec Soro. Cela tranche avec les arrogants et incapables qui, malgré leurs échecs et inconduites, ne se reprochent absolument rien dans la situation chaotique du pays. La majorité raisonnable des Ivoiriens doit mettre en minorité tous les « untelourien » et « toutsaufuntel », cette minorité d’activistes radicalisés qui inondent les réseaux sociaux de propos aussi irréfléchis que violents.

Oui Soro a été responsable de la Fesci et dirigeant de la rébellion armée. Oui il a su manœuvrer pour se retrouver à la Table ronde de Marcoussis et obtenir des postes au gouvernement pour lui-même et ses camarades rebelles. Oui il a su exploiter la roublardise de Gbagbo pour être nommé chef de gouvernement en 2007. Oui il a su rejoindre à temps le camp victorieux de 2010 pour ne pas être emporté par le stupide entêtement de Gbagbo. Oui il a su composer avec Ouattara pour rester d’abord Premier ministre et aujourd’hui Président de l’Assemblée nationale. Et alors ? Devrait-il s’excuser d’être doté d’un leadership naturel ou d’avoir la baraka ?

Pour les drames causés par la rébellion dans tout le pays, et particulièrement au Centre et à l’Ouest, je comprends que nombre de compatriotes vouent encore une haine à ses acteurs ou même rêvent de revanche. C’est pour cela que nous avons besoin de pardon pour retrouver la paix des cœurs … sinon, il faut vouer la même haine à Gbagbo et sa galaxie patriotique qui, après avoir failli dans la sécurisation du pays, étaient devenus (au cas où ils ne le seraient plus) les meilleurs amis de Soro et de ses commandants de zones. Sinon, il faut vouer aux gémonies Bédié qui, par les rapports respectueux qu’il affiche depuis de nombreuses années avec le chef de la rébellion de 2002, lui apporte caution morale et respectabilité. Sinon, il y a de cela quinze ans qu’il fallait se mettre en action pour punir Ouattara, le principal bénéficiaire des crimes de la rébellion.

Frère et sœurs aucune nation ne peut se bâtir sans pardon. Après la Guerre de Sécession qui fit 600.000 morts de 1861 à 1865, les Américains ont fait la paix entre eux pour avancer et devenir en quelques décennies la nation la plus puissante du monde. Après la semaine sanglante qui fit 40.000 morts dans Paris en mai 1871, les Français ont fait la paix pour avancer … et s’engager dans la colonisation de l’Afrique noire moins de vingt ans après.

A propos de cette histoire récente de cache d’armes que veulent exploiter ses adversaires du RDR, il n’est nullement besoin d’être dans les secrets des dieux ou grand clerc pour comprendre que la nébuleuse armée qui a accompagné Ouattara au pouvoir s’était aménagé des dépôts d’armes pour se prémunir de toute surprise face à Gbagbo dont la fiabilité n’est pas la plus grande qualité reconnue. Si pour des questions de divisions de la nébuleuse pro Ouattara, divisions matérialisées notamment par les ambitions affichées de Soro, il y a aujourd’hui des accusations portées par certains contre d’autres de détenir des caches d’armes, nous devons réserver à ces informations l’indifférence ou le mépris qu’elles méritent ; sinon nous restons des naïfs trop exposés à la diversion et à l’intoxication qui altèrent notre jugement. Les caches d’armes faisaient partie des dispositions prises par la nébuleuse pour accompagner Ouattara vers le sommet.

La question, celle que je me suis posée quand j’ai été approché par son équipe, est de savoir ce que Soro peut apporter à la Côte d’Ivoire aujourd’hui. Je crois que nous sommes nombreux à chercher quelqu’un depuis des années pour sauver ce pays ! Les cinq mois qui ont séparé mes premiers contacts de notre rencontre m’ont permis d’avancer dans cette démarche. Pour le point 1, il y a une réflexion qui se traduit par une abondante publication de lui-même et de son équipe. Il est temps pour l’Afrique, soit dit en passant, d’en finir avec les dirigeants incapables de faire partager leurs réflexions par des publications. Pour le point 2, pour avoir été chef de la rébellion, Premier ministre et aujourd’hui Président de l’Assemblée Nationale, Soro peut compter sur des moyens et des réseaux à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, indispensable pour conduire une ambition politique crédible. Pour le point 3, rien que la responsabilité de conduire la rébellion à moins de trente ans révèle un courage à saluer. Aujourd’hui, oser se libérer de la tutelle de ceux qui ont exploité sa jeunesse pour leur intérêts personnels, au lieu de ceux du pays comme il croyait, et être prêt à les affronter s’il le faut, au lieu de jouir d’une situation acquise fort enviable, dévoile un homme attaché à de fortes convictions. Pour le point 4, les efforts qui ont été entrepris pour constituer des équipes de réflexion et de travail attestent une stratégie rationnelle, et une démarche rassurante.

Pour toutes les raisons évoquées, Soro est une bonne carte à jouer. A moins que les intransigeants moraux sortent de leurs vaines indignations pour nous présenter les saints et les immaculées conceptions avec lesquels ils comptent agir pour le redressement national. Je crains fort qu’ils aient à attendre que cette génération passe … Si Dieu, qui dispose de l’éternité, s’est offert le luxe d’attendre quarante ans à faire tourner les Israélites dans le désert du Sinaï pour faire disparaître la génération qu’il ne voulait pas voir en terre promise, les pauvres humains que nous sommes n’avons que quelques années pour espérer faire quelque chose d’utile pour sortir les nôtres du chaos ivoirien. Nous devons agir ici et maintenant !

Il ne s’agit point pour moi de faire l’atalakou de Soro, mais d’être objectif et d’agir en toute responsabilité, avec réalisme et courage, dans l’intérêt de notre pays. Nous avons en la personne de Soro un responsable politique disposant de moyens pour sortir le pays de cette situation chaotique. Que toutes les bonnes volontés s’unissent autour de son combat pour lui donner des chances de réussir la conquête du pouvoir et la conduite du pays.

Portons ensemble l’ambition de constituer autour de Soro une classe politique investie dans la remise de l’Etat de Côte d’Ivoire dans son rôle d’institution dédiée au service de l’intérêt général. C’est à travers la production de biens et services publics destinés à améliorer la vie des populations que l’Etat tisse les solidarités qui fondent le vouloir-vivre collectif, le substrat de l’unité nationale.

Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !
Kakou Ernest Tigori, Président de l’UNN, Pour le Groupe de Paris pour Soro (GPS)

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