Côte d ‘Ivoire : Faut-il fermer le SIZANG? Pour le Nord, j’accuse….

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Hier, nous avions pensé que nous étions ostracisés. Nous avions crié aux loups, pour revendiquer notre identité refusée; notre région avait été considérée comme la zone inutile de ce pays utile. Nous avions lutté pour imposer notre reconnaissance; de Kanoroba à Tiemba, de Kolokakaha à Sambala, nous avions cru en vous, en votre union pour réconcilier un pays en souffrance. Celui qui a semé les germes de la séparation s’est réconcilié avec celui, qui, aujourd’hui, est en train d’en récolter les fruits après des années de défrisage du terrain et d’abattage de gros arbres réfractaires à la culture. Nous avions cru, vainement, peut-être, que notre région a été abandonnée. Korhogo, Boundiali, Tengrela, Séguela, Odienné, Ferké n’appartenaient à ce pays que de nom, avions-nous cru, naïvement. Pourtant, sous les différents régimes passés, nous avions eu des ministres, des Directeurs centraux, des présidents des institutions. Qu’ont-ils fait? Ils ont exacerbé le « Fadeya », la lutte pour le « Korgue » ,la lutte fratricide; et, dans cette lutte, nous avions perdu la bataille du développement. Quand nous avions compris qu’il fallait qu’on soit uni pour faire partie de la zone utile de ce pays, notre combat a commencé à prendre un sens; certains de nos villages ont pu voir la lumière, les marigots ont laissé la place aux fontaines, les centres de santé communautaire ont remplacé les cases de nos matrones. Nous avons rêvé l’espoir par ce que vous étiez unis, et unis vous êtes devenus forts. Mais cet espoir n’a duré que le temps d’une élection et voici que le FADEYA recommence, Le Korgue est devenu meurtrier, la guerre fratricide resurgit avec véhémence. Pourtant, notre grand-père à tous, GON COULIBALY PELEFORO savait négocier les différends pour faire accepter la différence et imposer la PAIX. Quel héritage nous a-t-il laissé? Où sont nos chefs traditionnels, nos rois? Ont-ils oublié, eux aussi la tradition, leurs traditions? Se sont-ils modernisés, falsifiés? Pourquoi n’appellent-ils pas leurs enfants, je les nomme : Gon COULIBALY et SORO KIGBAFORY, pour opérer le choix du compromis, pour imposer la paix sous l’arbre à palabres, pour négocier l’éducation dans le SIZANG? La lutte pour le « Korgue » doit-elle nous faire oublier d’où nous venons? Et vous leurs différents conseillers, quand comprendriez-vous, qu’il faut arrêter de nous servir votre haine viscérale par presses interposées? Aviez-vous un quelconque intérêt à ce que ces deux frères de la même région, du même pays s’entredéchirent? Ne sommes-nous pas fatigués de vos injures qui creusent chaque jour des océans de méfiance, qui détruisent des familles et brisent tout espoir de rassemblement? Aviez-vous intérêt à ce que cette région s’embrase pour rendre encore plus difficile la réconciliation entre tous les Frères de ce pays? À qui profite la division de notre région? Pendant que nous cherchons une réconciliation nationale, vous nous imposez une réconciliation régionale abrupte et abjecte. Vous nous humiliez! La réconciliation, ce n’est pas un mot, mais des actes qui appellent au refus de la déréliction du langage. Ce qui nous unit n’est-il pas plus fort que ce qui nous divise? Nous sommes fatigués de vos injures, nous sommes fatigués de vos divisions, nous n’aimons qu’une seule chose :La paix. Pour le peuple silencieux mais jamais muet de notre Région, j’interpelle et j’accuse. Waati sera!

Professeur Samba DIAKITÉ
lebanco.net

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