Crise au Taekwondo ivoirien : Voici ce que propose Patrice Remarck

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A) LE CONTEXTE:
C’est avec beaucoup d’embarras et d’inquiétude que nous observons le spectacle médiatique sur une polémique impliquant le Taekwondo ivoirien, dont le débat est impudiquement transposé sur les places publique et internationale. C’est à travers des déclarations musclées et parfois débridées, que deux de nos titans sportif croisent le fer pour défendre chacun leur position respective : l’un la légitimité de sa réélection de président de Fédération, l’autre la garantie des lois régissant nos Fédérations Olympiques.
Je constate aussi le silence assourdissant mais dicté par la prudence du Ministère des Sports et des Loisirs (MSL) qui, préfère ne pas s’ingérer dans un dossier chargé et épineux entre le Président d’une très glorieuse Fédération, le Ministre Daniel Cheick BAMBA et une sommité internationale du Mouvement Olympique, l’Intendant Général Lassana PALENFO. Le MSL a esquivé le piège de l’enlisement politique dans le règlement d’un contentieux, qui semble révéler des flous de juridiction, en se cantonnant dans un rôle d’observateur.
En dernier point, je note la posture de la World Taekwondo (WT) qui a plutôt opté pour la continuité et la non-immixtion dans les affaires du Taekwondo ivoirien pour les raisons avancées d’insuffisances de preuves et motifs pour adhérer aux sanctions exigées par le CNO de Côte d’Ivoire. En outre, la conformité scrupuleuse aux règles statuaires de la WT, l’acquittement consistante de ses cotisations annuelles, les prestations flamboyantes et la participation active de la FITKD aux compétions internationales ont pesé sur la balance de décision en la faveur du Ministre Daniel Cheick BAMBA.
Il est aussi très probable que dans le verdict de la WT, le puissant réseau professionnel dans le monde du Taekwondo ainsi que la probité internationale du Ministre BAMBA ont pu jouer à son avantage. De surcroit, il serait paradoxal au Président de la Fédération Mondiale, sous les mailles politiques du gouvernement coréen, de sanctionner un personnage qui a reçu l’une des plus grandes distinctions de leur pays. En toute sincérité, certains avancent de la réserve envers les capacités de la WT à rendre un arbitrage totalement pur et impartial sur le cas ivoirien.
Compte tenu de tout ce qui précède, le but de ma démarche empreinte de respect et de raison, est d’interpeller la communauté sportive de Côte d’Ivoire et les plus hautes instances du Gouvernement ivoirien, pour conduire un désamorçage urgent et une sortie de crise honorable et équitable pour les parties impliquées. Il s’agit de trancher en utilisant notre propre système judicaire et d’éviter l’association ou le recours à des instances externes à notre pays.
La Côte d’Ivoire, artisan de sa grandeur, doit protéger et solidifier ses acquis sportifs durement obtenus grâce à l’excellence dans le travail et ses résultats internationaux comme:
§ La double obtention de la Finale du Grand Prix 2017 et de la coupe du Monde 2017 par Equipe décernée par la World Taekwondo
§ La réalisation par une agence coréenne d’un complexe sportif et informatique pour la FITKD sous la régence fédérale du Ministre Daniel Cheick BAMBA et coutant 5 Milliards de Francs CFA
§ L’honneur d’avoir un Ivoirien respecté et compétant à la Présidence de l’Association des Comités Nationaux Olympiques d’Afrique (ACNOA), l’Intendant Général Lassana PALENFO
B) LA SORTIE DE CRISE
En vertu de ses gains et la bonne image sportive de la Côte d’Ivoire, pour une sortie de crise immédiate et apaisée, je préconise les 3 points suivants :
1. Faire une trêve de 3 mois pour permettre la préparation optimale et le bon déroulement de la Finale du Grand Prix et de la Coupe du Monde par Equipe de Taekwondo qui vont se dérouler du 2 au 6 Décembre 2017 dans la ville d’Abidjan. Le Ministre Daniel Cheick BAMBA a démontré, expérience à l’appui, qu’il est capable d’organiser et de réussir de grands évènements sportifs. Changer maintenant notre leadership pourrait nous amener à perdre ces deux compétitions prestigieuses de par la projection auprès de la WT d’une instabilité politique au plan sportif.
2. Rassurer les investisseurs coréens de la KOICA en démontrant une ligne directrice cohérente qui inclut les mêmes partenaires de travail ainsi que des gages de stabilité pour leur construction d’un centre culturel, sportif et TIC. Ces conditions peuvent être pérennisées en maintenant le Ministre Daniel Cheick BAMBA à la tête du méga projet quelque soit l’issue de la conciliation proposée. Il faut rappeler à tous que l’ancien Ministre BAMBA, concepteur du projet, a joué un rôle prépondérant dans la matérialisation de cette coopération ivoiro-coréenne.
3. Respecter le grand symbole Olympique Africain que représente l’Intendant Général PALENFO en évitant les éclaboussures d’autojustification du Ministre BAMBA, et anticiper des effets boomerangs qui peuvent décrédibiliser leur notoriété internationale. Le Président du CNO ivoirien est aculé à prendre position quand des juristes notables de la FITKD le saisissent pour rendre justice. Cependant je souhaiterai que le Général PALENFO soumette le dossier à la justice ivoirienne à défaut d’une solution négociée. Cette démarche aurait le mérite de dire le droit mais aussi de préserver les honneurs.
Nous pouvons comprendre les inquiétudes de certains, causées par la suppression du nombre maximum de mandat dans les statuts de la FITKD, qui permettait d’assurer le principe de bonne gouvernance. Cependant leur AG est suprême et rien ne pourrait entraver son ultime décision. Les accusateurs doivent démontrer à la Justice ivoirienne, en s’appuyant sur la base de preuves irréfutables, que des vices de procédures et une manipulation d’influence du Ministre BAMBA sur l’AG et des maîtres de clubs ont eut effectivement lieu.
Il est bien entendu que toutes infractions commises rendraient caduques les récentes élections présidentielles de la FITKD et alors justifierait les dispositions de crise du Président du CNO. Cependant, les accusations ou les répliques de défense entre les parties doivent s’articuler sur un discours rationnel et de courtoisie professionnelle pour accompagner une résolution institutionnelle.
En dernier recours, la plus haute instance du pays pourrait éventuellement s’impliquer pour désenclaver une situation fort diminuante entre 2 géants du sport ivoirien. Dans cette option, une demande de dérogation spéciale pourrait être étudiée pour le maintien du Ministre Daniel Cheick BAMBA pour ce mandat en cours. Cette solution alternative aurait l’avantage de ne pas amender les statuts de la FITKD en préservant les principes de la bonne gouvernance.
Notre Ministère de tutelle devra à l’avenir établir un protocole d’élection mieux repensé et comptable qui inclurait un préavis d’annonce d’élection des Fédérations Nationales transmis conjointement aux électeurs et le MSL. Il faudra aussi exiger les représentations effectives du Ministère des Sports et des Loisirs, du Comité National Olympique de Côte d’Ivoire (pour les Sports Olympiques), et d’un huissier de justice choisi par le MSL lors d’une élection présidentielle de Fédération.
Grand Frères, Grands Hommes, Nous ivoiriens vous implorons tous à la sagesse et la retenue responsable dans le réglage d’un sérieux différend car nous croyons à une Côte d’Ivoire vaillante, capable et disciplinée.
Patrice REMARCK Ceinture Noire 6 ème Dan Commandeur du Mérite Sportif Ivoirien et Officier de l’Ordre National Master dans l’Administration du Sport et de la Technologie

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