Communiqué de presse: Conférence de presse de Pascal Affi N'Guessan
© (): Le manque de leadership et la faillite de la gouvernance d’Alassane Ouattara se mesurent particulièrement à travers la situation des droits de l’homme et l’insécurité.


| Conférence | Communiqué - 22/07/2016

République de Côte d'Ivoire
Union Discipline travail
Alliance des forces démocratiques de Côte d'Ivoire(AFD)
Conférence de presse de Pascal Affi N'Guessan

- Mesdames et Messieurs les journalistes - Chers amis de la presse nationale et internationale


erci de votre présence massive à cette conférence de presse que l’Alliance des Forces Démocratiques de Côte d’Ivoire (AFD) a décidé d’animer pour se prononcer sur l’actualité politique nationale et sur les graves évènements que le pays vit depuis quelques semaines.

L’AFD est une plateforme politique regroupant à ce jour neuf (9) partis politiques de l’opposition qui ont décidé depuis 2014 d’unir leurs efforts pour contribuer à la restauration de la liberté et de la démocratie, ainsi qu’à la réconciliation nationale et à la stabilité politique de notre pays.

L’AFD se félicite de la contribution essentielle qu’elle a apportée à la relative décrispation de l’environnement politique en Côte d’Ivoire.

L’AFD reste toutefois préoccupée :

- par l’enlisement du dialogue politique entre l’opposition et le gouvernement ;

- par l’absence d’avancées significatives sur la question des prisonniers politiques et du dégel des comptes et avoirs des cadres de l’opposition ;

- par la dégradation de la situation des droits humains et de la sécurité des Ivoiriens, et de leurs conditions de vie et de travail ;

- et par le risque de déflagration que fait peser sur le pays l’entêtement du Chef de l’Etat à doter le pays d’une nouvelle Constitution, au mépris de tout principe de légalité, de démocratie et d’opportunité politique.

En effet, le 14 juillet 2016, le Chef de l’Etat vient de faire adopter par la Commission des Affaires Générales et Institutionnelles de l’Assemblée Nationale, un projet de loi organique qui fixe les conditions d’organisation du referendum sur la nouvelle Constitution.

Après les audiences qu’il a accordées à différentes entités sociales, à commencer par les partis politiques de l’opposition le 07 juin 2016, le Chef de l’Etat vient ainsi de franchir un palier supplémentaire dans la mise en œuvre de son projet.

Et pourtant, au cours de ces audiences et un peu partout à travers le pays, nombreuses et fortes ont été et sont encore les voix qui l’interpellent sur le caractère inopportun de son initiative, qui dénoncent le caractère illégal, anticonstitutionnel, unilatéral et autoritaire de sa démarche et le caractère inacceptable et irrecevable du contenu de ses propositions.

Au moment où je vous parle, le pays est en ébullition. Ce sont les émeutes, des « émeutes électriques », émeutes de la misère dans plusieurs localités, notamment à Yamoussoukro, Daloa, à Tiassalé, à Korhogo, etc. Les agences de la CIE, de nombreux commerces et des agents des forces de l’ordre sont les victimes de la colère populaire suscitée par les nombreuses injustices et les fausses promesses, notamment celle du 1er mai 2016 sur l’augmentation du tarif de l’électricité. Ce jour-là solennellement le Chef de l’Etat avait annoncé: « j’ai décidé de l’annulation pure et simple de l’augmentation de janvier 2016. Les factures seront corrigées et le trop perçu sera rendu à tous les abonnés. J’invite donc la CIE à réparer cette injustice ».

A l’époque, nous avions prédit que les Ivoiriens avaient tort de se réjouir d’avance, car avec Alassane Ouattara les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Les faits viennent de nous donner raison. Non seulement aucun sou n’a été reversé à aucun client, mais pire, c’est une avalanche de factures aussi corsées les unes que les autres qui s’abattent sur les populations déjà étranglées par la cherté de la vie. D’où leur légitime colère.

D’autres lieux, d’autres émeutes. ‘’Les émeutes de la connaissance’’, à l’université Félix Houphouët-Boigny où le gouvernement a totalement perdu le contrôle de la situation et est condamné à la répression systématique et à la violence aveugle, transformant l’institution universitaire en champ de bataille militaire permanente. A ce jour on enregistre près d’une centaine d’arrestations et des voies de fait sur de nombreux étudiants, dont le tragique décès de l’étudiant Laurent Allaba, mortellement percuté par un véhicule de la police le 17 juin 2016.

Sous Alassane Ouattara, la faillite du système universitaire est totale : faillite de la gouvernance, désorganisation de l’administration des universités, crise d’autorité, non maitrise des effectifs et des sessions, etc.

Sous Alassane Ouattara, l’incapacité du gouvernement à trouver des solutions durables aux problèmes de l’université et des étudiants est patente et désespérante.

Le manque de leadership et la faillite de la gouvernance d’Alassane Ouattara se mesurent particulièrement à travers la situation des droits de l’homme et l’insécurité.

A la situation des nombreux prisonniers politiques de la crise post-électorale de 2011, détenus dans des conditions judiciaires et sanitaires inhumaines, s’ajoutent chaque jour d’autres violations graves des droits humains dans l’impunité totale. Il y a peu, un agent des forces de l’ordre, en tenue, exécutait froidement un présumé délinquant.

Sous Alassane Ouattara, donner la mort est devenu un acte banal.

Le dernier rapport de l’ONUCI note qu’entre 2012 et 2015 la Côte d’Ivoire a enregistré 1129 cas de viols, dont 66% concernent des enfants mineurs. Là aussi ces crimes sont restés impunis.

Dans ce contexte de grogne sociale, d’insécurité chronique, de menace djihadiste, de fracture sociale, de faillite économique et d’échec politique, où se trouve l’urgence de l’élaboration d’une nouvelle constitution. Où se trouve la voie d’une constitution consensuelle qui permettrait à la Côte d’Ivoire de tourner définitivement la page des affrontements fratricides de ces vingt dernières années, et de fonder une nation fraternelle, démocratique et prospère.

A la suite de toute l’opposition et de la Société Civile ivoirienne, l’AFD affirme sa ferme opposition au projet du Chef de l’Etat et lui demande d’y renoncer purement et simplement.

C’est en vertu de quelles dispositions de la Constitution actuelle le Chef de l’Etat s’arroge-t-il le droit de se substituer au peuple souverain de Côte d’Ivoire pour lui imposer une nouvelle Constitution ? Aucune.

Le Chef de l’Etat n’est que le locataire pour 5 ans de la maison commune, la République. Il n’en est pas le propriétaire, où a-t-on vu un locataire, au mépris de la volonté du propriétaire, décider de détruire la maison qu’il habite provisoirement pour la reconstruire selon ses goûts propres en s’appuyant sur des architectes de son choix.

L’AFD sait que la violation de la loi et le mépris de la règlementation sont le sport favori d’Alassane Ouattara. Il est toujours Président du RDR en violation de la Constitution ivoirienne. Il nomme les Présidents d’Universités en violation de la loi. Il nomme le Président du Conseil Economique et Social en violation de la loi. Il nomme le président du Conseil Constitutionnel en violation de la loi. Il attribue les marchés publics en violation de la règlementation, etc.

L’AFD refuse de se faire complice de cette forfaiture permanente et de ce coup de force constitutionnel.

L’AFD dit non à cette démarche autoritaire dont l’objectif évident est de se maintenir au pouvoir en 2020 et de prendre le pays en otage.

L’AFD refuse le recul démocratique qu’Alassane Ouattara veut imposer au pays à travers la constitutionnalisation d’un système autocratique et clanique.

L’AFD entend prendre toute la place dans le combat contre ce projet constitutionnel moyenâgeux et indigne de la Côte d’Ivoire, ce « monstre de l’émergence » et contre toutes les graves atteintes aux libertés, aux Droits de l’Homme et à la démocratie.

L’AFD exige en conséquence la libération des prisonniers politiques et le dégel immédiat des comptes et des avoirs de toutes les personnes illégalement et abusivement frappées par ces mesures depuis six (6) ans.

L’AFD exige le respect des franchises universitaires et des libertés syndicales qui sont des droits constitutionnels et demande la libération immédiate des campus universitaires par les forces de l’ordre, la libération de tous les étudiants incarcérés et l’ouverture de négociations sur les problèmes sociaux et académiques qui minent les universités ivoiriennes.

L’AFD demande au Chef de l’Etat de respecter pour une fois ses engagements et d’ordonner en conséquence « l’annulation pure et simple » des facturations fantaisistes et provocatrices à la base des émeutes auxquelles l’on assiste à l’heure actuelle, et d’engager des actions vigoureuses contre la cherté de la vie.

L’AFD appelle le peuple de Côte d’Ivoire à la mobilisation.

On nous a trop brimés ! On nous a trop méprisés. On nous a trop menti ! On nous a trop volés.

L’heure a sonné.

L’heure a sonné pour défendre la dignité nationale, les libertés individuelles et collectives, la démocratie et la Constitution, l’âme de la nation et le socle de la souveraineté nationale.

L’heure a sonné pour faire barrage à la dictature qui envahit le pays, qui divise la nation et qui affame le peuple.

L’heure a sonné pour dire non. TROP, C’EST TROP !

Je vous remercie

Pascal AFFI N’Guessan
Président du FPI
Président et Porte-parole de l’AFD





          
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