Côte d'Ivoire: Projet d'une nouvelle constitution: Le cojep prévient : Evitons une nouvelle crise à notre pays
© (): C’est plutôt l’élaboration d’une nouvelle Constitution instituant une Troisième République qui est pompeusement annoncée et qui, à juste titre, fait débat et suscite des suspicions somme toute légitimes.


| Constitution | Parti politique- 29/06/2016

Les rencontres initiées par l’actuel Chef de l’Etat, dans sa volonté de doter la Côte d’Ivoire d’une nouvelle Constitution, avec les couches sociopolitiques visent à faire accepter son projet de changement constitutionnel. Ce projet suscite de plus en plus de passions au sein de la classe politique ivoirienne, toutes tendances confondues. Plutôt qu’un intérêt pour une nouvelle Constitution, les ivoiriens expriment déjà, à juste titre d’ailleurs, leurs réserves quant aux motivations et intentions cachées des inspirateurs de l’avènement d’une « Troisième République ».


ourtant, le reproche fait jusqu’ici à la Constitution du 1eraoût 2000 qui a engendré la Deuxième République de Côte d’Ivoire est l’article 35 qui définit les conditions d’éligibilité aux élections présidentielles. On se souvient encore du débat passionné sur le fameux « ET » et « OU » pendant la transition militaire dirigée par feu le Général Robert GUEI. C’est d’ailleurs cette disposition de la loi fondamentale qui a fondé le « combat » du Rassemblement des Républicains (RDR) et de tous ses alliés, d’abord contre la transition militaire conduite par feu le Général Robert GUEI, puis contre les Institutions de la République incarnées par le Président Laurent GBAGBO. Par ailleurs, de Marcoussis à Ouagadougou, en passant par Pretoria, l’article 35 de notre Loi Fondamentale a été au cœur de tous les accords de paix.

Ainsi, pour une simple question de logique, une révision de l’actuelle constitution en ses dispositions qui pourraient être sources de conflits saurait aisément s’expliquer si son opportunité fait l’objet d’une méthode consensuelle. Que nenni !

C’est plutôt l’élaboration d’une nouvelle Constitution instituant une Troisième République qui est pompeusement annoncée et qui, à juste titre, fait débat et suscite des suspicions somme toute légitimes.

Pourquoi cherche-t-on à compliquer ce qui est simple? La Constitution du 1er Aout 2000 ne consacre-t-elle pas des avancées démocratiques non négligeables telles que la garantie des libertés fondamentales et individuelles, la limitation des mandats présidentiels, l’âge requis pour tout candidat à la Présidence de la république, la limite d’âge, le renforcement des limites à la révision de la Constitution, le financement des partis politiques etc. ?

Pourquoi le pouvoir ne peut-il pas faire l’économie du dilatoire pour investir son énergie et son intelligence dans la recherche de solutions aux souffrances des ivoiriens ? Les raisons d’un tel activisme politique sont à rechercher ailleurs.

En réalité, la loi n’étant pas rétroactive, une nouvelle constitution instituant une « troisième République », permettrait à Monsieur OUATTARA Alassane actuel Chef de l’Etat que la constitution actuellement en vigueur rend forclos pour les élections de 2020, de postuler pour un troisième mandat, s’il désire faire acte de candidature sous la troisième République. La personnalité qui occupera la vice-présidence taillée sur mesure sera quant à elle l’homme que le chef de l’Etat ivoirien cherche à imposer à la Côte D’ivoire à la suite de ce que ses partisans et lui appellent ‘’les réglages’’, mais en fait des tripatouillages.

Aussi simple que cela puisse paraitre, l’idée de l’élaboration d’une nouvelle Constitution instituant une troisième République vise très clairement à perpétuer un système et à nous faire revivre la personnalisation du pouvoir, pratique d’un autre âge. Tel est le vrai enjeu. Non, la Côte D’ivoire n’est pas un royaume, elle est une République qui ambitionne d’inscrire son nom sur la liste des pays modernes où se pratique la démocratie. Ce rétropédalage politique et démocratique est une honte !

En conséquence de ce qui précède et vu l’urgence,
Réuni en Secrétariat Exécutif extraordinaire, le COJEP appelle :
1. le régime d’Abidjan ainsi que tous ses alliés et soutiens, à EVITER A NOTRE PAYS UNE AUTRE CRISE POLITIQUE INUTILE ; la stabilité de la Côte-d’Ivoire se trouvant dans le respect de l’alternance vraie et non dans des arrangements constitutionnalisés aux ambitions cousues de fil blanc ;

2. le pouvoir à apporter des solutions aux vraies préoccupations des ivoiriens qui sont connues de tous ;

3. à doter notre pays d’institutions impersonnelles qui traversent le temps et dans lesquelles tous les citoyens ont confiance ;

4. à un sursaut intellectuel et politique pour dire ‘’NON’’ à cette autre crise que cherche à créer le pouvoir et en appelle à l’esprit de responsabilité de toute la classe politique.

Pour finir, le Cojep :
- prend à témoin l’opinion nationale et internationale face à ce qui est en train d’être mis en friche ;

- lance un appel solennel à l’UNION SACREE de tous les démocrates, acteurs politiques et de toutes les forces vives pour dire non au retour des vieux réflexes visant à tripatouiller la constitution pour nous imposer un système de président à vie, un système politique passé et dépassé et qui consacre un grave recul démocratique.

Fait à Abidjan, le 24 Juin 2016
Pour le COJEP
Coulibaly Sita, porte-parole



          
Lus / Vus


Réactions
 



Suivez-nous sur Tweetter
Annonce
 
 
&
Copyright © Ivorian.Net - Presse et Portail d'Informations Générales-2002