Football-Analyse-Côte d’Ivoire-Sénégal:4-2 Eléphants, une équipe sans jeu

Sport Ivoire-9/9/2012

C’est grâce à vingt minutes de folie que la Côte d’Ivoire est parvenue à renverser samedi le Sénégal. S’ils ont fait preuve d’une belle force mentale, les hommes de Sabri Lamouchi n’ont toutefois rien montré d’intéressant dans le jeu.
ON A AIME:

Il ne faut pas se voiler la face et faire la fine bouche. Samedi, la Côte d’Ivoire est bel et bien passée à côté d’une défaite qu’elle aurait bien méritée. Menée à deux reprises par la belle machine sénégalaise, la troupe de François Zahoui a néanmoins eu les ressources nécessaires pour s’imposer sur le fil. Si on devait donc retenir quelque chose de la prestation des Eléphants, c’est bien cette force de caractère qu’ils ont laissé entrevoir. A vrai dire, les vice-champions d’Afrique n’ont fait honneur à leur rang que dans les vingt dernières minutes quand ils ont enfin mis de l’envie et de la vitesse dans leur jeu. On les a alors vus créer des brèches dans la solide défense sénégalaise, surtout après le but du (2-2) inscrit par l’excellent Gervinho.

Une équipe qui a du mental

Plus qu’à la qualité de son jeu ou aux performances de ses nombreuses individualités donc, c’est à son cœur que la Côte d’Ivoire doit avant tout son succès. D’ailleurs, Sabri Lamouchi ne s’en est pas caché. « Ce que je retiens, c’est que les joueurs sont allés chercher ce résultat au fond d’eux-mêmes. Ils ont fait preuve de générosité. C’est un résultat acquis dans la douleur et avec le cœur », a commenté le sélectionneur national.

ON N’A PAS AIME:

Au moment d’aborder les lacunes des Eléphants, on ne sait par où commencer, tant elles ont été nombreuses. Mais commençons par les choix de Sabri Lamouchi. Avec tout le potentiel humain qu’il a à sa disposition, le technicien français pouvait faire mieux. Pourquoi s’est-il entêté à aligner d’entrée Siaka Tiéné et Kader Kéïta qui ne jouent pas dans leur club ? Résultat, les deux joueurs ont été catastrophiques et pesé dans le mauvais sens sur le comportement de l’équipe. Qui a multiplié les fautes techniques tout au long de la partie.

Les mauvais choix de Lamouchi

En ce qui concerne le jeu proprement dit, il n’y a pas eu d’avancées. Les Eléphants jouent toujours de façon latérale en abusant à satiété des passes en retrait. Sans un véritable meneur de jeu (Yaya Touré n’a jamais rempli cette mission), l’équipe semble coupée en deux sans liant entre les différents secteurs de jeu. Comme si cela ne suffisait pas, les joueurs font preuve d’une lenteur effroyable dans la transmission du ballon. Ce manque de rapidité et de fluidité dans le jeu n’a d’ailleurs pas échappé à Sabri Lamouchi au moment d’analyser la prestation de son équipe en conférence d’après match. « Il faut, a dit le sélectionneur, qu’on soit plus rapide dans le jeu. Il faut qu’on soit plus fluide dans le jeu et jouer à une ou deux touches de balle. »

Dans ces conditions, la solution ne pouvait venir que sur des exploits individuels. Des exploits qui sont finalement venus des pieds de l’épatant Gervinho. Pour la manche retour, Sabri Lamouchi doit revoir en profondeur ses copies. Après les sueurs froides vécues, il sait ce qu’il manque ou ce qu’il faut à son équipe pour être plus efficace et dépendre moins de ses individualités.