Chelsea au bout du rêve grace à Drogba

Football.fr-19/5/2012

Samedi soir, Chelsea est parvenu à faire mentir les pronostics qui voyaient déjà le Bayern Munich remporter la Ligue des champions 2012, dans son antre de l’Allianz Arena. Dans une finale sans grande saveur, les Blues sont parvenus à tenir la dragée haute aux Allemands après prolongation (1-1) et s’en sont remis à Petr Cech pour faire la différence aux tirs au but. Quand Didier Drogba jubile, c’est le duo Ribéry-Robben qui fait grise mine…

Le fil du match
120 Historique ! Première victoire de l’histoire du FC Chelsea en finale de la Ligue des Champions ! L’ambiance est folle chez les Londoniens et les larmes de bonheur coulent le long des joues. Côté munichois, ce sont bien des larmes de tristesse et de désespoir.
120 But de Drogba qui offre la Ligue des Champions à Chelsea ! Incroyable !
120 Schweinsteiger frappe…sur le poteau gauche ! Cech était battu mais la balle touche donc le poteau ! Drogba a la balle de titre au bout du pied…
120 Cole remet Chelsea à égalité d’une frappe croisée du gauche très puissante ! Le suspense est total !
120 Cech arrête la coup de pied d’Olic ! Plongeon côté gauche et le portier de Chelsea détourne la balle d’une main gauche solide !


Il n’y a plus de malédiction. Didier Drogba a pris ses responsabilités et a enfin gagné une grande compétition internationale. Cette fois, c’était au tour de Bastian Schweinsteiger de pleurer toutes les larmes de son corps… Beaucoup diront que c’est une insulte au football, mais Chelsea est le nouveau champion d’Europe après sa victoire décrochée aux tirs au but sur la pelouse du Bayern Munich, face à des Bavarois désoeuvrés (1-1 a.p., 4 t.a.b. à 3). Ces derniers, par leur manque de réussite, l’auront quand même bien cherché. Et si la réussite des Blues porte le nom de Drogba, l’échec du Bayern revêt celui d’Arjen Robben.

En se chargeant du penalty qui aurait pu donner un avantage décisif aux Munichois en début de prolongation, le Néerlandais s’imaginait enfin en héros heureux, après ses deux occasions manquées en finale du dernier Mondial avec les Pays-Bas. Peine perdue, l’ancien Madrilène a vu sa tentative stoppée en deux temps par Cech. Quant à Drogba, l’Ivoirien n’a pas seulement mis fin à ses échecs répétés sur la dernière marche, qu’il s’agisse de Ligue des champions, de Coupe de l’UEFA ou de CAN. L’avant-centre, véritable guide de son équipe, a égalisé complètement contre le cours du jeu à deux minutes de la fin du temps réglementaire. Avant d’inscrire le tir au but victorieux.

8 tirs cadrés sur 26 côté Bayern, 20 corners à un

Evidemment, ce match ne s’est pas résumé à un duel à distance entre les deux hommes. En effet, c’était d’abord l’affaire de Thomas Mûller, qui pensait presque à coup sûr offrir à son club la cinquième coupe aux grandes oreilles de son histoire. L’international allemand ouvrait le score de la tête à sept minutes de la fin, sur un centre de Toni Kroos, et cette délivrance faisait écho à une litanie de situations dangereuses côté Bayern: Robben à quatre reprises (18e, 21e, 59e, 72e), Ribéry trois fois (35e, 64e, 76e), avec aussi un but justement refusé pour hors-jeu à la 54e minute, Müller trois fois (36e, 78e, 82e), Gomez deux fois (39e, 42e)…

Les chiffres sont édifiants: le Bayern a tiré 26 fois, contre huit seulement pour Chelsea. Dans leur Allianz Arena, les Bavarois se sont aussi procuré 20 corners, contre un seul pour les visiteurs. Celui du but de Drogba, frappé par Mata… Il y a aussi un revers de la médaille, forcément, pour les coéquipiers de Franck Ribéry. Sur les 35 tirs de sa formation, seulement sept ont été cadrés. Si Salomon Kalou (37e) et Drogba (74e) ont aussi obtenu deux demi-occasions et que Contento a dû revenir en quatrième vitesse pour sauver un but tout fait (73e), Munich peut quand même revendiquer la victoire aux points. Mais le football ne se joue pas aux points, surtout en finale d’une C1. Il se joue aux buts, parfois même aux tirs au but.

Si Van Buyten y avait cru…

Miraculé contre Naples en huitième puis contre le Benfica en quart, sans parler de l’incroyable exploit face au Barça, Chelsea avait son destin tout écrit, semble-t-il. Dominés de la tête et des épaules, les Blues sont encore revenus d’on ne sait où. Après avoir encaissé un but dans le dernier quart d’heure, leur spécialité de la saison (20 de ses 46 buts encaissés en Premier League l’ont été à partir de la 75e minute), les hommes de Roberto Di Matteo ont simplement été jusqu’au bout de leur match. Ils ont bien fait, offrant à leur entraîneur italien un improbable couronnement express. L’ancien adjoint de Villas-Boas avait d’ailleurs bien essayé un coup de poker en titularisant le jeune Ryan Bertrand, mais ça n’a pas spécialement fonctionné.

L’équilibre de son équipe ne s’en est pas trouvé complètement chamboulé, et Chelsea a gagné à sa nouvelle manière, une recette désormais savoureuse, composée avant tout de solidarité et de chance. Roman Abramovich, après avoir investi un milliard d’euros au bas mot dans son club, a enfin remporté la Ligue des champions. Si Daniel van Buyten y avait cru, seul au deuxième poteau après une bonne remise d’Olic (108e)… Mais sous les yeux de Louis Nicollin, Usain Bolt, Patrick Vieira ou encore Dany Boon, il semblait qu’il n’y avait pas d’autre destin. Tous les Munichois pleurent cette finale perdue à domicile, événement si rare. Bienvenue au royaume des Blues, là où Drogba et Di Matteo risquent de se voir signifier le chemin de la porte de sortie. A suivre, quand même.